Page précédente

L'Association des Amis du Musée des arts et métiers soutient l'opération

Histoire de la maquette

Le bassin et les docks de la Joliette

De l'Exposition Universelle au Musée des arts et métiers

Maquette telle qu'exposée dans la galerie du Musée

Généralités :

Carte éditée par la Compagnie des docks et entrepôts de Marseille-1861

Le plan en relief réprésentant les installations a été construit très probablement vers 1899 - 1900 par l'atelier de Jules Digeon et fils Aîné, à Paris, à la demande de la Compagnie des docks et entrepôts de Marseille. Il s'agissait alors pour la société de faire état de la taille et de la qualité de ses installations à l'exposition universelle de Paris. La maison Digeon fait partie des principaux fournisseurs d'instruments de précision, de modèles pédagogiques et de plans en relief pour les établissements d'enseignements techniques, en premier lieu desquels figure le Conservatoires des arts et métiers (cf Documents pour l'histoire des techniques, no 20 -décembre 2011, page 157). A l'exposition de 1900, elle fut remarquée pour ses nombreux modèles mais également pour ses plans en relief, parmi lesquels celui des docks de Marseille.

La présentation d'un tel plan en relief répondait à un but essentiellement commercial : il s'agissait pour la Compagnie des dockes et entrepôts de souligner l'ampleur et la modernité de ses installation. Le choix d'une échelle au 1/500 permettait ainsi de montrer détails tout en limitant l'encombrement du modèle.

A l'issue de l'exposition universelle de 1900, le plan en relief rejoignit les collections du Conservatoire des arts et métiers, et notamment la galerie consacrée à l'art des constructions. La plaque de laiton apposée sur le plan rappelle que la Compagnie procéda à la mise à jour du plan en 1906.

Un témoignage exceptionnel

Le plan en relief comprend un grand plateau mesurant 220,5 centimètres de long sur 156,2 centimètres de profondeur, pour une hauteur maximale de 30cm. On y distingue la digue Sainte-Marie et la digue du Large, qui protègent les installations. On note, de gauche à droite; le bassin d'Arenc, la traverse d'Arenc, le Bassin du Lazaret, la traverse de la Joliette et le bassin de la Joliette. Au fond, on reconnaît aisément les docks entrepôts, avec l'hôtel de la direction sur la droite, et enfin la gare maritime.

Pourquoi faut-il sauver les 17 bateaux ?

Le soin apporté aux détailsdes bâtiments permet de mesurer l'étendue des emprises. Mais le plpan en relief comporte de nombreux éléments destinés à le compléter. Dix-sept bateaux sont ainsi réalisés pour garnir les bassins et chenaux : il s'agit de navires à vapeur illustrant la variété de la marine marchande française du début du XXème siècle en Méditerranée.. Le plan compte également une quinzaine de grues garnissant les bassins et traverses, une vingtaine d'éléments de décor de rochers et de multiples petits objets (caisses, conteneurs, barrières, barques et petits bateaux, réverbères, personnages ...)

"Le Sinporo" (détail)

Et pourtant !

Tous ces éléments sont séparés et ne sont malheureusement pas visibles par le public : leur état ne permet pas de les installer sur le plan en relief. Ils sont donc conservés en réserve. Cet état de fait est des plus dommageables à la bonne compréhension du plan en relief qui, une fois complété, révèlerait toute la vie qui régnait à la Belle Epoque sur le port de Marseille, la variété des métiers représentés et l'activité fébriles animant jours et nuits les quais et les bassins.

   
... la vie qui y régnait à la Belle Epoque et l'activité fébriles animant jours et nuits les quais et les bassins ...

Le travail de conservation/restauration de la maquette est imposant mais notre défi 2018 est à la hauteur !

- Sur le plan en relief : Dépoussiérage général, consolidation, reorises de peinture.
- Sur les pièces détachées : dépoussièrage, retouche de peinture, restituttions d'éléments manquants, en particulier sur les bateaux, collage et repositionnement.
- Sur l'ensemble : fiches d'intervention et documentation photographique.

Texte Lionel Dufaux

Un travail de spécialistes, minutieux et codifié

Page précédente